Connaissez-vous les soft skills ? On les appelle également “compétences douces” ou “savoir être” en entreprise. Elles facilitent le travail en équipe, l’agilité et la performance. Contrairement aux hard skills, elles ne sont pas liées à un métier ou à un contexte technique particulier, mais elles sont transversales et applicables dans différents corps de métiers et situations.

Partons à leur découverte à travers le regard de nos deux coachs en soft skills du parcours de formation “Chef·fe de projet e-commerce” !

Bonjour Sylvie et Oleg ! Tout d'abord, qui êtes-vous et quel est votre parcours ?

Name

Je suis Sylvie Sarda, coach en entreprise dans les domaines du management, de l’intelligence collective et du développement personnel.

Après 15 ans en entreprise, en tant que responsable commerciale et transport international, je me suis réorientée sur la formation et le coaching dans les années 2000. J’ai fait des formations en PNL (programmation neuro-linguistique), afin de devenir Maître-Praticien PNL, puis j’ai eu un parcours en CNV (communication non violente) et j’ai obtenu une certification de coaching à l’Institut de Coaching International.

Name

Je suis Oleg Kosine, consultant et formateur en entrepreneuriat et management. Je me suis posé, il y a plusieurs années, la question de la direction à donner à mes activités professionnelles. La réponse a été d’aider les personnes à se connaître et à se découvrir vraiment.

Mon parcours a d’abord été très classique. J’ai fait des études d’ingénieur puis de gestion des entreprises. J’ai accompagné de nombreuses entreprises dans leur création de nouveaux produits et la recherche de nouveaux marchés.

Comment en êtes-vous venus à enseigner les soft skills ? Quel a été l'élément déclencheur ?

Sylvie

En management comme en développement personnel, on aborde de nombreux soft skills (assertivité, leadership, communication, gestion de conflits, etc.). C’est donc ce que je fais depuis le début… L’élément déclencheur pour m’intéresser à ces thématiques a été mes propres difficultés quand j’étais jeune manager et que l’on ne parlait pas encore de soft skills… Des formations en management que j’ai suivies en tant que salariée m’ont aidée et éclairée quant à cette voie.

Oleg

En accompagnant les entrepreneurs et managers, je me suis vite rendu compte que l’Humain était la clef de tout, qui permettait de lever les blocages et de multiplier les forces. J’ai donc complété mes connaissances et développé mon savoir-faire pour en faire profiter les hommes et les femmes que j’accompagne.

Comment définissez-vous les soft skills ? Y a-t-il différents types de soft skills ?

Sylvie

Les soft skills se définissent comme la

Capacité en situation professionnelle, à construire et améliorer son rapport à soi, aux autres et à l’entreprise, dans une perspective de développement personnel et collectif.

Les soft skills s’organisent en “familles”: je dirais qu’ il y a la famille confiance en soi et développement individuel, la famille relations interpersonnelles et communication, et la famille intelligence collective et travail en équipe. Mais on peut faire d’autres catégories, rien n’est figé. Cela dépend des soft skills prioritaires par rapport à un secteur d’activité ou un métier (relation client, équipe, projet, etc.), de son poste (équipier, chef de projet, manager, etc.), et aussi des soft skills à développer prioritairement par rapport à sa propre étape de développement. Un exemple de “familles” (voir l’image):

Oleg

Ma définition des soft skills serait tout ce que l’on apprend dans la cour de récréation plutôt que dans l’enceinte de l’école: les compétences liées au comportement et aux émotions qui nous guident dans la compréhension de nous-mêmes, des autres et du monde.

Avez-vous une approche particulière de cette matière ?

Sylvie

Je dirais que je m’efforce à beaucoup de bienveillance et à éviter les jugements. Je cherche à transmettre justement une approche bienveillante pour soi-même et les autres afin de grandir. Les soft skills pour se développer demandent à ce que l’on accepte d’investiguer ce que l’on a parfois refoulé ou dont on n’est pas conscient (des émotions, des talents, des comportements) et que l’on puisse remettre en question ses croyances limitantes. Cette “honnêteté intellectuelle” vis à vis de soi-même n’est possible que si l’on accueille toutes les parties de soi avec bienveillance et sans jugement.

Comment avez-vous connu Label Ecole et depuis quand intervenez-vous auprès des apprenants ?

Sylvie

J’ai connu Label École par Label Emmaüs. J’ai construit le premier parcours de soft skills pour la première promo il y a 2 ans, au démarrage de l’école.

Oleg

J’ai suivi assez tôt la création de Label Emmaüs, dont je suis coopérateur, et c’est là que j’ai entendu parler du projet de Label École, par Maud puis Grégoire. J’y interviens depuis la première promotion, il y a deux ans.

Qu'est-ce qui a suscité votre intérêt pour l'école (par exemple: dans la pédagogie, l'approche, le public cible) ?

Sylvie

Un peu tout cela effectivement. La confiance qui nous est faite et la grande liberté qui nous est laissée pour concevoir et animer le programme, tout en étant en constante concertation avec les équipes de l’école, la place qui est donnée aux soft skills dans le programme, le professionnalisme des équipes de Label École et leur implication, et bien sûr le public, aider les personnes qui en ont besoin à développer l’estime de soi et retrouver la confiance est un beau challenge qui a du sens.

Oleg

Je suis quelqu’un pour qui les notions d’équité, de seconde chance et d’aide sont fondamentales. Ce sont, je crois, les forces de Label École.

Que cherchez-vous à partager et/ou à enseigner aux apprenants à travers votre démarche ?

Sylvie

Qu’il y a d’autres talents que ceux développés grâce à un parcours formel d’études, que l’on peut réussir et se réaliser professionnellement même avec un parcours atypique, que les compétences comportementales peuvent faire la différence, que ces compétences ne vont pas de soi et demandent de l’investissement et du travail mais que ça en vaut la peine !

Oleg

Ce serait que nous fonctionnons souvent de manière automatique avec des schémas erronés et récurrents. Y regarder de plus près avec bienveillance permet de les adapter à ses véritables choix.

Quels sont les axes de votre programme ?

Sylvie

Nous cherchons à travailler différents axes avec les apprenants :

  • Capacité à prendre du recul, pratiquer la réflexivité,
  • Capacités en intelligence émotionnelle: comprendre son propre processus émotionnel, dépasser ses mécanismes de défense, gérer son stress, se mettre en relation, gérer les conflits,
  • Confiance en soi: capacités à se présenter efficacement (pitch), présenter ses réalisations (prise de parole en public, en réunion),
  • Capacité à recevoir et donner du feedback (avec son manager, avec ses équipiers),
  • Capacité à construire un projet personnel, se projeter dans un avenir professionnel,
  • Capacité à gérer son temps, à prendre en compte celui des autres et celui du projet,
  • Capacités en communication interpersonnelle: écoute active, négociation, argumentation, entretien de recrutement,
  • Capacité à travailler en équipe, à coopérer et contribuer à l’objectif d’équipe.

Cette année nous avons rajouté les soft skills indispensables pour travailler à distance: organisation personnelle, auto motivation, etc.

Oleg

C’est d’abord de faire prendre conscience que nous avons tous des qualités et compétences, que nous ne partons pas de zéro comme nous le croyons parfois. Mettre en évidence et développer ses qualités est l’axe numéro 1, travailler ensuite sur les axes d’amélioration est l’étape suivante.

Qu'est-ce qui, d'après vous, marque le plus les apprenants dans votre enseignement ?

Sylvie

Ils sont souvent sensibles à l’approche émotionnelle (comprendre ses émotions et ses besoins) et à la gestion de conflits, ce sont des choses qu’ils n’ont pas vraiment apprises et ils sont souvent sur des mécanismes de défense quand la situation se complique. Également tout ce qui a trait à la procrastination; en tant que décrocheurs, c’est quelque chose qui leur parle. Cette année, nous avons abordé le syndrome de l’imposteur et comment contrer ce syndrome, ils ont beaucoup apprécié…

Oleg

Le fait que, sur certains sujets, chacun pense différemment, montre bien que notre vision du monde n’est pas unilatérale et exacte mais sujette à l’éducation, la culture, etc. Cela remet en cause bon nombre de préjugés.

Quelles évolutions repérez-vous en général chez les apprenants ?

Sylvie

Une plus grande aisance à l’oral, une capacité accrue à oser parler de soi, de ses réussites, une prise de conscience des mécanismes de défense qui peuvent les desservir, une conscience accrue de l’entreprise et des attendus d’un poste…

Oleg

Souvent certaines personnes arrivent avec des jugements extrêmement forts sur certains points. Les voir adoucir leurs propos et envisager d’autres options est la clef de l’évolution.

Retenez-vous un moment fort ?

Sylvie

Il y en a beaucoup ! Toute prise de conscience d’un apprenant qui lui permet d’avancer sur une problématique est un moment fort. Cette année, j’ai été frappée par leur aisance et leur professionnalisme lors de la présentation de leur projet, j’étais très fière de leurs progrès !

Oleg

Oui: des passes d’armes entre deux apprenantes qui en apparence étaient ennemies et se sont invectivées, et finalement ont entamé un dialogue qui montrait leur proximité.

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