“Je suis nul(le). Ce n’est que par hasard ou parce que je travaille beaucoup plus que les autres que je réussis. Je ne suis pas à la hauteur”. Si vous avez déjà pensé cela, vous faites partie des 70% de la population qui ont expérimenté le fameux syndrome de l’imposteur. Pas de panique, nous allons lever le voile sur ce phénomène en quelques minutes !

Un doute excessif et une mauvaise estime de soi

Le syndrome de l’imposteur provoque une forme de doute maladif chez les personnes qui le subissent. Il est avant tout lié à une mauvaise estime de soi. “L’imposteur” doute en permanence de lui ou d’elle-même sur un ou plusieurs aspects de sa vie : son physique, ses compétences, ses capacités, ses accomplissements professionnels ou privés, etc. Souvent, il(elle) rejette le mérite de ses réussites personnelles en les attribuant à des facteurs externes ou à des circonstances favorables, à la chance, à ses relations ou à son travail acharné… La personne pense que les autres surestiment ses capacités réelles. Elle croit ainsi duper son entourage sur qui elle est vraiment !

Un phénomène et non une maladie !

Le fait de parler de “syndrome” peut porter à confusion. Au sens médical du terme, il s’agit plutôt d’un phénomène. Il est aussi appelé “syndrome de l’autodidacte” ou “complexe d’imposture”. Identifié en 1978 par Pauline Rose Clance et Suzanne Imes, deux professeures américaines en psychologie, elle l’ont alors qualifié de “mécanisme psychologique » et d”expérience”. Il s’agit d’une forme de dévalorisation excessive de soi qui peut toucher tous les individus sans distinction d’âge, de genre, de profession ou de statut social. Il concerne souvent le domaine professionnel, mais peut également atteindre la vie privée (amitiés, amour, famille, etc.).

Selon plusieurs études, 62 à 70% de la population l’expérimenterait au moins une fois dans sa vie ! Nous pouvons donc tous être amenés à éprouver ce sentiment une ou plusieurs fois au cours de notre existence, et contrairement à une idée reçue, les femmes n’y sont pas plus sujettes que les hommes.

Comment identifier ce complexe ?

Il s’appuie sur des croyances erronées qu’il faut savoir repérer et remettre en question pour faire évoluer la perception de soi :  

  • une faible estime de soi qui mène à banaliser ses accomplissements,
  • ne pas savoir accepter les compliments, car on ne se sent pas légitime
  • attribuer ses réussites ou les événements positifs de sa vie à des circonstances extérieures,
  • être très voire trop perfectionniste tout en remettant systématiquement en doute ses compétences,
  • s’autocritiquer et se dénigrer régulièrement voire constamment,
  • s’infliger une forte pression lors de l’accomplissement d’une tâche, dans une situation d’évaluation ou de mise en avant,
  • craindre d’être démasqué sur ses compétences réelles,
  • estimer que tout le monde peut faire notre travail ou que les autres sont meilleurs.

Ces signes peuvent être ressentis à différents degrés. Le test de l’Échelle de Clance (du nom de la psychologue) permet d’identifier le sentiment d’imposture et d’en déterminer l’intensité.

Quelles en sont les conséquences ?

Un bien-être altéré par une dévaluation de soi, la comparaison aux autres, l’anxiété, le stress et le repli sur soi, l’”imposture” vient souvent altérer notre rapport aux autres et entraîner deux types d’attitudes majeures :

  • le travail excessif ou un excès de zèle pour pallier ses lacunes et réussir ses tâches,
  • la procrastination, éviter les situations anxiogènes et repousser au plus tard la confrontation avec ses tâches, en se mettant ainsi en situation d’échec.

Ces comportements nuisent à la santé et à l’épanouissement personnel et professionnel des personnes, en créant un stress permanent et délétère sur le long terme, pouvant aller jusqu’au burn-out ou la dépression. Il est donc important non seulement d’identifier le problème, mais aussi d’en déconstruire les fondements.

Comment se libérer de ce complexe ?

Une fois que le complexe d’imposture est identifié, il est important de mettre des mots sur son mal être et d’en parler à son entourage ou bien à des professionnels si l’on en ressent le besoin, comme des psychologues. Il faut travailler sur son histoire personnelle et sur les causes de la faible estime de soi. Il s’agit de saisir l’origine du problème afin de venir le déloger. Posez-vous certaines questions, par exemple : avez-vous subi des attentes familiales, scolaires, professionnelles ou sociales faibles ou à l’inverse trop élevées ? Votre carrière professionnelle a-t-elle manqué de stabilité ? A-t-elle évolué trop rapidement ? Avez-vous souvent été comparé(e) ou blessé(e) ? etc. 

Il existe des thérapies cognitivo- comportementales (TTC) qui permettent de reconnaître les croyances erronées, puis de les assouplir afin d’apprendre à se regarder différemment, avec plus de bienveillance.

S’ouvrir au soft-skills

Au sein d’une entreprise, développer ses soft-skills, c’est-à-dire travailler sa manière d’être, peut permettre également, par la confrontation aux autres et à soi, de démasquer le complexe d’imposture et de le déconstruire. Il existe des formations gratuites, éligibles au CPF, ainsi que des séminaires d’entreprise organisés par certaines sociétés qui permettent de démystifier ce phénomène et d’améliorer les interactions au sein d’une équipe. Le coaching est également une possibilité; dans le cadre de nos formations par exemple, nos coachs en soft-skills abordent ces questions avec nos apprenants pour qu’ils se saisissent de leur véritable potentiel.

« S’aimer soi-même c’est se lancer dans une belle histoire d’amour qui durera toute la vie » – Oscar Wilde

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